Categories

Accueil du site > Aider la Terre Sainte > Dans votre paroisse > Où va l’argent de la Collecte pour les Lieux Saints ?

2 mars 2012

Où va l’argent de la Collecte pour les Lieux Saints ?

Vendredi saint, cette année le 25 mars 2016, dans les paroisses du monde à la demande de tous les papes depuis 1342, est organisée [1] une quête « pour les Lieux Saints ». Elle est faite en soutien aux œuvres des Franciscains de Terre Sainte qui, depuis bientôt 800 ans, ont été institués Gardiens des Lieux Saints.

Par Rédaction du Franciscan Media Center Adaptation pour la lecture des commentaires d’une vidéo visible ici

PDF - 199.8 ko
Format PDF (Impression pour papier A3)

Des projets pour la conservation et la restauration de leurs couvents et des sanctuaires sur les Lieux Saints, les franciscains n’en manquent pas. Mais depuis des siècles, les Gardiens des Lieux Saints ont également mis sur pied des œuvres à caractère social, éducatif, culturel, des projets résidentiels et des écoles en faveur de la communauté chrétienne locale.

Car si les Franciscains ont bien été faits «  gardiens des Lieux Saints  », «  garder  » veut aussi bien dire prendre soin des pierres de la mémoire que des pierres vivantes, afin que la présence chrétienne ne s’éteigne pas sur la terre où elle est née.

Lieux Saints et pèlerins

Lorsqu’elle entretient les sanctuaires, la Custodie n’est pas gardienne de musées. Les Lieux saints sont là pour que la mémoire des gestes accomplis par le Christ pour l’humanité ne se perde pas. Cette mémoire, les Franciscains ne l’entretiennent pas pour eux seuls mais également pour les pèlerins. Accueillant un jour un groupe de pèlerins au Saint Sépulcre, le supérieur, frère Fergus leur dit ceci  : «  Nous franciscains gardons ce lieu depuis 800 ans pour que vous puissiez, aujourd’hui, vivre cet instant.  »

Parmi les projets de conservation des Lieux Saints, et pour n’en citer que quelques-uns, on peut souligner celui de la Grotte du lait. Au renouvellement de la vieille chapelle et à la construction de la nouvelle église, dédiée à la mère de Dieu, se sont ajoutés des travaux pour la réparation de la maison adjacente, qui depuis 2006 accueille une présence importante pour ce lieu saint et pour tous les pèlerins qui le visitent  : les Adoratrices perpétuelles du Très Saint Sacrement.

Sur le Mont des Oliviers, des mesures ont été prises pour contenir le problème d’humidité dans la grotte de la trahison à Gethsémani et y installer l’électricité.

D’autres sanctuaires ont également été rénovés de façon totale ou partielle  : à Jaffa, l’église de Saint-Antoine, alors qu’à Nazareth des mesures ont été prises pour réduire l’humidité dans la grotte de l’Annonciation dont la pierre s’effritait.

Sur le Mont Nébo, en Jordanie, les travaux pour le nouveau et imposant mémorial de Moise sont déjà bien avancés, alors qu’en Galilée, sur le lac de Tibériade, d’importants travaux de restauration ont été réalisés au sanctuaire du primat de Pierre, ainsi que sur l’aire archéologique de Magdala. L’objectif  : la conservation et la valorisation de cet important site, qui fut la ville natale de Marie Madeleine, et la réalisation d’un parcours de visite pour les pèlerins.

Toujours en Galilée, sur le Mont Tabor, à l’intérieur du couvent franciscain, une nouvelle cuisine a été installée, pour les besoins des frères et des pèlerins qui peuvent s’arrêter pour déjeuner sur place.

À Jérusalem, d’importants travaux de manutention ont commencé dans le couvent du Cénacle, tandis qu’à Bethphagé sur les pentes du Mont des Oliviers, vient d’être la rénovation du couvent du sanctuaire des Rameaux.

À Saint Jean du désert, les murs qui entouraient le sanctuaire ont été reconstruits, ainsi que la façade de l’entrée et le système électrique qui datait a été mis aux normes.

Alors que le site de Qasr el Yehud, frontalier entre Israël et la Jordanie, était fermé depuis des dizaines d’années, sa réouverture au public va également permettre aux Franciscains de restaurer le couvent qu’ils avaient à proximité.

Les sanctuaires et couvents près des Lieux Saints sont près d’une centaine à avoir été soutenus et protégés au cours des quatre dernières années. Certains ont été rénovés, à d’autres ont été apportées d’importantes rénovations. Car il revient aux fils de saint François de rendre ces pierres vivantes et de faire en sorte qu’elles parlent au cœur et à l’esprit de ceux qui entreprennent le voyage en Terre Sainte.

Bâtisseurs d’avenir

Présents en Terre Sainte depuis le XIIIe siècle, les Franciscains ont dû au fur et à mesure des siècles endosser des responsabilités qui allaient bien au-delà de la prière sur les Lieux Saints. Toutes les œuvres à caractère social en faveur de la communauté chrétienne se sont révélées nécessaires et fondamentales pour servir une communauté minoritaire et qui a toujours eu à souffrir des aléas politiques.

La situation n’est pas si différente aujourd’hui. C’est pourquoi la Custodie de Terre Sainte a toujours travaillé pour fournir tous les instruments, afin de garantir autant que possible une condition de vie digne à tous les chrétiens locaux.

« Le principal problème pour tout le monde mais particulièrement pour les chrétiens, est celui de l’accès au logement, explique frère Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte. Les terrains, comme les maisons coûtent très chers, les loyers sont très élevés et une famille de condition moyenne ne peut faire face à des dépenses aussi importantes. Aussi l’Église, et notamment la Custodie, s’est-elle investie depuis de nombreuses années dans ces deux domaines… »

Parmi les œuvres les plus importantes, il convient de citer le projet de restauration de tout le patrimoine foncier existant. «  En Vieille Ville, précise le Frère Ibrahim Faltas, économe de Terre Sainte, nous avons près de 500 maisons qui vont de la simple chambre à l’appartement de 5 pièces. Au cours des 3 dernières années, dans le cadre du projet «  Pierres de la mémoire  », nous avons restauré une centaine d’entre elles. Pour la seule année 2010 et une trentaine de maisons nous avons dépensé près de deux millions de dollars, la même chose en 2011. Ce n’est pas seulement parce que les logements à Jérusalem, y compris en Vieille Ville, sont excessivement élevés. Le plus souvent, une chambre se paie à partir de 1 000 dollars (800 euros) par mois, et l’on peut arriver à 3 000 ou 4 000 dollars (2 300 à 3 000 euros) s’il y a plus d’une chambre. Contribuer à loger les chrétiens locaux, c’est freiner l’émigration.  »

Le projet «  Pierre de la mémoire  » est également un projet d’insertion ou réinsertion pour les ouvriers qui le conduisent. Certains, très jeunes, peuvent ainsi apprendre une profession tandis que d’autres plus âgés reprennent le travail après des années de chômage.

Si la Custodie prend soin de son patrimoine, elle continue de bâtir du neuf. À Jaffa se poursuivent les travaux pour réaliser 124 nouveaux appartements. À Nazareth, 80 sont prévus, et 24 autres à Beit Hanina dans la banlieue Nord de Jérusalem.

Le logement n’est pas la seule difficulté que rencontrent les chrétiens, c’est pourquoi la Custodie a ouvert depuis 2008 le Franciscan Social Service Office (Bureau franciscain d’aide sociale)  : lieu d’écoute et d’aide aux familles de Bethléem. Le centre offre une assistance médicale, sanitaire, et alimentaire aux familles dans le besoin.

Les fonds nécessaires à ces aides sont en partie couverts par la collecte du Vendredi saint et grâce à un travail de recherches de fonds, mené auprès des collectivités locales et des entreprises par l’ONG de la Custodie ATS Pro Terra Sancta.

L’éducation un atout

Jérusalem, Bethléem, Jéricho mais aussi Acre, Jaffa et Ramleh. En Terre Sainte au sens strict, la Custodie gère 10 institutions scolaires (5 dans les Territoires palestiniens et 5 en Israël) pour éduquer la jeunesse chrétienne selon l’esprit et les lois de l’Église, même si les écoles de Terre Sainte accueillent des jeunes de toutes les religions.

Au cours des dernières années, certaines écoles ont été agrandies. À Ramleh, on a agrandi l’internat, en apportant toutes les modifications nécessaires, et on a ajouté deux ailes à l’école.

«  Dans notre école de Ramleh, les chrétiens sont 59 %. L’école tient particulièrement à marquer les fêtes musulmanes. Quant aux fêtes chrétiennes, nous les préparons tout spécialement.  », indique le frère Abdel Massih, le directeur.

À l’école de Terre Sainte des filles de Bethléem, des améliorations ont été apportées au deuxième étage avec l’agrandissement des classes. À Jéricho, les travaux sont toujours en cours pour l’agrandissement de l’école.

Si elle porte des projets scolaires, la Custodie favorise aussi le développement des enfants en dehors de l’école. L’Institut Magnificat, conservatoire de musique fondé en 1995 par le frère Armando Pierucci, accueille plus de 200 élèves, 20 enseignants et 3 chœurs. Cette école de musique a formé plusieurs talents parmi les chrétiens locaux et espère aussi l’agrandissement de ses locaux. «  Le Magnificat est une école de musique mais c’est aussi, de fait, un laboratoire de paix et de partage. Ici, nous avons des élèves et des enseignants qui sont aussi bien palestiniens qu’israéliens, et de différentes confessions religieuses  : juifs, musulmans, chrétiens et parmi les chrétiens toutes les confessions sont représentées.  », précise frère Riccardo Ceriani, économe de l’Institut.

Un service de l’ombre

Il ne faut pas manquer non plus de souligner que la Custodie de Terre Sainte apporte son soutien financier à la Faculté de Sciences bibliques et d’Archéologie du Studium Biblicum Franciscanum (SBF) de Jérusalem. Elle offre près de 30 bourses d’études à des prêtres issus de différents diocèses, et ce pour toute la durée des études, contribuant ainsi à former de futurs enseignants pour les séminaires du monde entier.

«  Le Studium Biblicum est une école d’excellence. Dans les prochaines années, plusieurs professeurs du Studium partiront en retraite et devront être remplacés. Grâce à Dieu, nous avons des jeunes qui sont en train de se préparer, et dans 2 ou 3 ans ils devraient commencer à leur tour à enseigner », explique frère Massimo Pazzini, Doyen du SBF.

Mais le SBF veut partager le fruit de ses recherches et le signe le plus visible pour les pèlerins est le musée de la Flagellation qui a récemment été ouvert au public de façon permanente.

«  Depuis quelques mois, nous avons ouvert notre musée de façon permanente. Auparavant, il l’était sur demande, encore fallait-il nous appeler à l’avance afin que nous trouvions une personne disponible pour l’ouvrir et faire la visite… Maintenant davantage de groupes ou de simples passants peuvent s’y arrêter, entrer et découvrir ce que nous avons exposé.  » annonce frère Eugenio Alliata, son directeur.

Faire en sorte de proposer une meilleure muséographie chrétienne en Terre Sainte est une des préoccupations des Franciscains. Trop d’inepties sont dites par certains guides, et certains Lieux Saints sont si compliqués à comprendre et si riches qu’ils méritent d’être expliqués à part. Expliquer un Lieu Saint à l’extérieur du Lieu Saint pourrait aussi permettre de vivre le temps dans le Lieu Saint pour ce qu’il est  : un lieu de prière et de rencontre du Christ.

Pour continuer le chemin

Dans tous les domaines, les projets rivalisent avec la nécessité et il reste encore beaucoup à faire. «  Les chrétiens qui vivent sur la terre de Jésus, témoignant de la foi du Ressuscité, sont appelés à servir non seulement comme phare de la foi pour l’Église universelle, mais aussi comme levain d’harmonie, de sagesse et d’équilibre dans la vie d’une société qui traditionnellement a été et continu à être pluraliste, multi ethnique et multi religieuse.  » Ces paroles, contenues dans l’exhortation apostolique post-synodale du Synode pour le Moyen Orient, sont un rappel important.

Durant ces années tant a été fait pour soutenir dans tous les domaines la communauté chrétienne locale.

Les œuvres de la Custodie se sont déployées dans le domaine éducatif, l’aide d’urgence, l’emploi, le logement, l’entretien des Lieux Saints et des paroisses.

Tout cela a été rendu possible grâce aux dons des pèlerins, aux contributions des bienfaiteurs, et surtout à la quête du Vendredi Saint organisée par les Commissaires de Terre Sainte du monde entier...

Il s’avère plus que jamais nécessaire de continuer... Continuer à soutenir et défendre les Lieux Saints, lieux privilégiés pour tous les chrétiens, qui désirent exprimer leur dévotion au Dieu devenu enfant à Bethléem, au jeune menuisier de Nazareth, au charismatique prédicateur de la Galilée et au «  Rédempteur  » ressuscité du Sépulcre.

Continuer à venir au secours de la population chrétien de Terre Sainte et Du Proche Orient que la Custodie sert également, en Jordanie, en Syrie, au Liban et en Égypte, ainsi qu’à Chypre et Rhodes.

Merci pour ce que vous avez déjà fait et ce que vous ferez.

Le soutien aux paroisses

« Il faut réaffirmer l’importance et la validité de la paroisse. Malgré les crises vraies et supposées qui l’auraient frappée, elle est une institution à conserver comme expression normale et primordiale de la pastorale. Elle demeure encore aujourd’hui un organe de première importance dans les structures visibles de l’Église.  » Ces paroles de Jean-Paul II animent aussi la mission de la Custodie envers les paroisses.

Le 23 novembre 2010 ont été inaugurés à Jéricho la nouvelle école maternelle et le nouvel auditorium de l’école de Terre Sainte. Ces structures serviront à divers usages dans le cadre de l’école et de la paroisse, tout en offrant un nouvel espace à la ville pour des activités culturelles. Tandis qu’à Cana de Galilée, la première pierre du nouveau centre paroissial a été récemment posée par le Custode de Terre Sainte. “Nos paroisses ont traditionnellement un centre paroissial et une école, explique Frère Ibrahim Faltas, économe général de la Custodie. Nous avions le projet de Cana depuis longtemps. C’était la seule paroisse à ne pas avoir ni centre paroissial ni école. Je pense que c’était aussi le rêve de tous les paroissiens de Cana ”.

En 2007 « le nouveau siège de l’Action catholique de Bethléem était inauguré. Dans ce centre situé près de la Nativité, des réunions avec les chrétiens et les musulmans sont régulièrement organisées, tandis que le jeudi et le dimanche, on joue au loto, ou fait du sport. L’association est un point de référence important pour la ville  ».
 Selon Frère Marwan Di’Des, curé de Bethléem «  L’action catholique est le vrai centre paroissial. Nous connaissons bien l’œuvre de l’Action catholique dans le monde et ici, dans la ville de Bethléem, elle n’est pas en reste. En effet, elle en fait même davantage, car elle donne aux jeunes un endroit où se défouler et en même temps où recevoir une éducation chrétienne… c’est à la fois un centre culturel et une école de foi…  »

À Beit Hanina également, le centre paroissial a été considérablement remanié pour offrir plus de fonctionnalités et une nouvelle gamme d’activités dont le sport avec l’installation de terrains de foot et de basket-ball, et d’une piscine. «  Les chrétiens et notamment les jeunes ont besoin de lieu de rencontres et d’échanges. De lieu où ils apprennent à prendre des responsabilités dans la société et en famille. Il n’est pas question de se ghettoïser mais de permettre aussi aux personnes de la paroisse d’avoir accès à ses activités pour des sommes modiques quand leur niveau de vie ne leur permettrait pas d’aller du côté israélien et alors que ces activités n’existent pas du côté arabe  », explique le père Feras Hejazin.

Des initiatives que la Custodie a promues, grâce aux bienfaiteurs, pour être plus proche des gens, pour développer un travail pastoral actif avec les chrétiens locaux, afin de souligner le rôle fondamental de la paroisse dans une réalité difficile comme celle de la Terre Sainte.

Et les autres  ?

Tout l’argent de la Collecte annuelle pour les Lieux Saints arrive in fine à la Congrégation pour les Églises Orientales qui organise ensuite la répartition entre les Franciscains, traditionnellement les plus importants bénéficiaires, le Patriarcat Latin, les Églises catholiques orientales. Le Patriarcat, qui lui aussi a de nombreuses œuvres, bénéficie du soutien des Chevaliers du Saint Sépulcre du monde entier et de différents organismes, associations, bienfaiteurs. Les Églises catholiques orientales, elles aussi lancées de nombreux projets reçoivent des dons de quelques associations bienfaitrices. Eu égard aux besoins, personne n’a jamais assez, mais tous réalisent que rien ne se fait sans l’Église universelle.

Notes

[1] Si la collecte n’est pas organisée dans votre paroisse, que cela ne vous empêche pas de donner, directement au Commissariat de Terre Sainte à Paris (voire page 59).