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26 décembre 2011

Naïm

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Lieu de la résurrection du fils de la veuve.

Le village de Naïm, sur les pentes nord du Jabal Dahi, doit sa célébrité à l’Evangile, étant cité seulement parce que Jésus y ressuscita le fils d’une veuve. Les monuments qui ont été érigés dans le village et la visite faite par les pèlerins et par les chercheurs est toujours motivée par cette résurrection.

Responsables du sanctuaire :
- Couvent de Terre Sainte de l’Annonciation
- P.O.B. 23
- 16100 Nazareth Israël

- Tel. : 04-657.25.01
- Fax : 04-646.02.03

La tradition chrétienne

« La cité de Naïm, où le Seigneur ressuscita le fils de la veuve, se montre jusqu’à ce jour au douzième (en réalité au cinquième) mille du mont Thabor, près Endor ». C’est par ces paroles qu’Eusèbe de Césarée atteste la pérennité du souvenir sacré au IV° siècle. Sur les événements suivants, on trouve un témoignage anonyme (attribuable au V-VI° siècle) recueillie par le moine bénédiction Pietro Diacono (XII° siècle) : « Dans la maison de la veuve dont le fils fut ressuscité, se trouve désormais une église. Par ailleurs, la sépulture dans laquelle on voulait le déposer existe encore aujourd’hui ». Une « belle » église existait encore à Naïm au XIV° siècle (selon frère Nicolò da Poggibonsi), mais, à partir du XVI° siècle, il n’est plus fait mention que de ruines. L’église actuelle, simple et modeste, fut construite en 1881 sur les restes de l’ancienne. Elle renferme deux toiles de grande importance, datant de la fin du XIX° siècle.

L’antique cimetière devait s’étendre à l’ouest du village, sur les pentes de la montagne où il est possible de voir différentes tombes creusées dans la roche. Un sarcophage romain est conservé contre la façade de l’église.

Les franciscains de Terre Sainte, non sans de nombreuses difficultés décrites brillamment par M. Sodar de Vaulx (trad. it. P. E. Crivelli, Milano 1891, pp. 473-475), purent acquérir les ruines et édifier une église à Naïm. Frère Lievin de Hamme, en ce temps-là très actif, dans la 4° édition de son Guide-indicateur (3, Jérusalem 1897, p. 87) donne ces nouvelles succinctes : « De l’antique chapelle, il ne restait que quatre pans de mûr. Les pères franciscains ont eu soin de construire une belle chapelle sur le lieu de l’ancien oratoire ». Un rapport écrit en cette même période et publié dans les colonnes de l’Osservatore Romano et par la suite dans les pages de la revue La Terra Santa de Florence (1° mai 1882, pp. 94-95), nous indique également les auteurs qui réussirent à réaliser la construction de l’église : il s’agit de Filippo da Montaltoveglio, gardien de Nazareth, de frère Giuseppe Baldi, Procurateur de Terre Sainte en Galilée et de Pacifico Saleh drogman de Terre Sainte qui dû faire face à la majorité des querelles avec ceux qui voulaient entraver cette œuvre. Le narrateur mentionne même « le chef du village, un très honnête musulman et de bon cœur » qui « permit de prendre de l’eau à l’unique source située à proximité ainsi que des pierres provenant de son terrain : eau et pierres ô combien nécessaires en vue de la construction, vue leur rareté sur le site en question ».

Le Lieu

Carte topographique de 1483

Fragment d’une carte incluse dans le voyage de Von Breidenbach :

Plan de l’actuelle église de Naïm consacrée le 31 mars 1881.

Lectures bibliques

Résurrection du fils de la veuve

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas ». Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ». Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple ». Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

(Evangile selon saint Luc 7,11-17)

Jésus éprouve de la compassion pour une veuve, l’être désarmé et misérable par excellence, qui est sur le point d’ensevelir, avec son fils unique, sa dernière espérance.

Le « Ne pleure pas » qu’il lui adresse n’est pas une expression usuelle de participation à sa souffrance, mais l’assurance que, bientôt, la cause de ses pleurs lui sera enlevée. Et en réalité, une fois faite arrêtée la civière, il rend à sa mère le jeune homme qu’il venait de restituer à la vie par un commandement impérieux.

Ici, Jésus est présenté par Saint Luc comme le prophète eschatologique et même comme le nouvel Elie. C’est à la porte de la cité qu’Elie rencontre la veuve de Sarepta et que Jésus se trouve en présence du cortège funèbre du fils de la veuve. Le garçon de Sarepta et le jeune homme de Naïm sont tous deux des fils uniques. A peine revenu à la vie, l’enfant de Sarepta « émit un cri » et le jeune homme de Naïm « commença à parler ». Enfin, la réaction de foi de la veuve de Sarepta et de la foule de Naïm est, elle aussi, identique.

Elie à Sarepta de Sidon

Le prophète Élie habitait chez une femme dont le fils tomba malade ; le mal fut si violent que l’enfant expira. Alors la femme dit à Élie : « Qu’est-ce que tu fais ici, homme de Dieu ? Tu es venu chez moi pour rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ! » Élie répondit : « Donne-moi ton fils ! » Il le prit des bras de sa mère, le porta dans sa chambre en haut de la maison et l’étendit sur son lit. Puis il invoqua le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, cette veuve chez qui je loge, lui veux-tu du mal jusqu’à faire mourir son fils ? » Par trois fois, il s’étendit sur l’enfant en invoquant le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant ! » Le Seigneur entendit la prière d’Élie ; le souffle de l’enfant revint en lui : il était vivant ! Élie prit alors l’enfant, de sa chambre il le descendit dans la maison, le remit à sa mère et dit : « Regarde, ton fils est vivant ! » La femme lui répondit : « Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu, et que, dans ta bouche, la parole du Seigneur est véridique. »

(Premier Livre des Rois 17,17-24)

Destinés à la gloire

Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut.

Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères.

(Lettre de Saint Paul aux Romains 8,26b-29)

Célébration du mystère

Ps 30 (29) : Je t’exalterai, ô mon Seigneur car tu m’as libéré ; Ps 16 (15) : Protèges moi, ô mon Dieu, en toi je trouve refuge.

Prières

Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. (Lc 7,11-17) ; Regarde, ton fils est vivant ! (1 R 17,17-24) ; quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien (Rom 8,26b-29).

Intercession et oraison

Dieu aide et protège le peuple qu’il s’est choisi et l’appelle à la béatitude de son royaume. Nous souvenant de ses bienfaits, disons : Nous espérons en Toi, Seigneur.

Nous te prions, Seigneur pour notre Pape N, et pour notre patriarche N.
- guides les et protèges les par ton Esprit.

Fais que nos frères malades se sentent participants à la passion de ton Fils,
- et qu’ils en partagent la grâce et la consolation.

Regarde avec bonté les familles sans abris,
- fais qu’elles aient une maison et une place sûre dans la société.

Donnes et conserves les fruits de la terre et du travail,
- afin qu’aucun homme ne soit privé du pain quotidien.

Prions :
- Dieu grand et miséricordieux qui a voulu que Jésus, ton Fils, ému de compassion, reporte à la vie le fils de la veuve, éloigne tout obstacle de notre chemin vers toi afin que, dans la sérénité du corps et de l’esprit, nous puissions nous dédier librement à ton service. Par Jésus Christ notre Seigneur. Amen